Réciter le chapelet, dire, ou prier le rosaire, c’est ce moment de retranchement personnel ou communautaire où l’on se tourne vers l’intercession de la Vierge Marie. Plus qu’une simple récitation sérielle de mots, le Rosaire s’est imposé comme un pilier de la dévotion mariale...
Des mots, vides de sens ? Non ! Les paroles aux fondements bibliques de la prière du « Je vous salue Marie » ne se rabâchent pas. Elles ont un sens, un secret empreint d’une dévotion qui a traversé des siècles, et dont les mérites spirituels et théologiques sont toujours plus ancrés sur la Foi transmise des apôtres pour « toutes les générations » (Lc 1, 48).
Des siècles de révélation
Dans l’histoire de l’Eglise, le culte à la Vierge s’installe progressivement. Dès les premiers instants, Marie est associée, par son fils, à la prière des chrétiens. Au IIIe siècle déjà, on se tourne vers elle par les paroles de l’ange Gabriel : « je vous salue, pleine de grâce » (Luc 1, 28). Et au IXe siècle, au 4e dimanche de l’Avent, l’exclamation d’Elisabeth à la visitation est ajoutée dans l’antienne d’ouverture. Le nom de Marie est, pour la première fois, intégré dans les textes de la messe.
Au XIIe siècle, la dévotion à Marie prend de l’ampleur chez les chrétiens d’Occident. L’antienne du 4e dimanche de l’Avent est une prière de plus en plus aimée et dite. Les moines cisterciens se l’approprient alors pendant leurs offices. Et la dévotion à Marie s’institutionnalise à petit pas.
C’est l’époque des croisades. Peut-être sous l’influence des pèlerinages en Terre Sainte, des cordelettes à nœuds et boucliers à grains sont créés pour compter les psaumes et les « Notre Père » durant la prière. Ils seront de même utilisés pour compter les Ave Maria : on appelle alors cette première forme de prière du chapelet « Psautier de Marie ». La dire, c’est offrir une couronne de cinquante roses (chacun des Ave Maria étant considéré comme une rose) à la Vierge. Ainsi, c’est un petit chapeau qui lui est offert par ses dévots : c’est de là que vient le terme « chapelet ».
Le chapelet, une couronne de roses pour Marie
A partir du XVe siècle, Dominique de Prusse, un chartreux de Trèves1, découvre la prière à la Vierge. Il en fait la promotion dans ses écrits et propose de méditer la vie de Jésus, entre les dizaines d’Ave Maria, à travers des clausules2. Les chartreux décident d’appeler Rosaire les collections de cinquante clausules servant à méditer la vie du Christ avec Marie ; le terme Rosaire désignant, à cette époque, des collections de textes. A Douai, Alain de la Roche, un dominicain, ami des chartreux, crée, en 1470, la première confrérie de la Vierge.
En 1479, le pape Sixte IV approuve la récitation du Rosaire. Et, un siècle plus tard, Pie V (également dominicain) établit le déroulement actuel de Rosaire sur quinze mystères, classés en mystères joyeux, douloureux et glorieux. Il institue, en 1571, la fête de Notre Dame du Rosaire. Paul VI, en 1974, dans l’exhortation « Marialis cultus », recommande fortement le Rosaire aux chrétiens, y voyant le « résumé de tout l’Evangile ». En 2002, la lettre apostolique « Rosarium Virginis mariae » du pape Jean Paul II consacrera l’entrée de cinq nouveaux mystères dans le Rosaire : les mystères lumineux.
Chemin d’humilité !
La vertu d’humilité s’est imposée d’elle-même comme l’une des révélations les plus profondes de l’histoire du salut. C’est par cette humilité, dans l’exemple de foi de Marie, que Dieu a bien voulu rejoindre le genre humain pour le libérer du piège de l’orgueil du jardin d’Eden. Avec la Vierge, nous méditons la prière du Rosaire, à travers laquelle nous sommes invités, tous les jours, à redécouvrir le Christ Jésus, le fruit béni de ses entrailles.
Clément Joël SOALLA
Notes
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Les chartreux sont des moines contemplatifs qui consacrent entièrement leur vie à Dieu par la prière. Solitaires, avec une part de vie en communauté, ils prient pour l’Eglise, le monde et les défunts. Leurs monastères sont appelés des chartreuses. Dominique de Prusse entre à la Chartreuse Saint-Alban de Trêves (en Allemagne) vers 1398.
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Les clausules sont des modifications d’une partie de l'Ave Maria lors de la méditation des mystères du Rosaire, variant d’un grain de chapelet à l’autre. Ils reprennent des passages à méditer des évangiles, qui retracent des temps forts de la vie de Jésus. Ex: “[...]Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, qui te dit à toi, sa Mère : « Mère, voici ton fils » ; et à Jean : « Voici ta Mère », est béni [...].”
Réciter le chapelet, dire, ou prier le rosaire, c’est ce moment de retranchement personnel ou communautaire où l’on se tourne vers l’intercession de la Vierge Marie. Plus qu’une simple récitation sérielle de mots, le Rosaire s’est imposé comme un pilier de la dévotion mariale...
Les chartreux sont des moines contemplatifs qui consacrent entièrement leur vie à Dieu par la prière. Solitaires, avec une part de vie en communauté, ils prient pour l’Eglise, le monde et les défunts. Leurs monastères sont appelés des chartreuses. Dominique de Prusse entre à la Chartreuse Saint-Alban de Trêves (en Allemagne) vers 1398.
Les clausules sont des modifications d’une partie de l'Ave Maria lors de la méditation des mystères du Rosaire, variant d’un grain de chapelet à l’autre. Ils reprennent des passages à méditer des évangiles, qui retracent des temps forts de la vie de Jésus. Ex: “[...]Vous êtes bénie entre toutes les femmes et Jésus, qui te dit à toi, sa Mère : « Mère, voici ton fils » ; et à Jean : « Voici ta Mère », est béni [...].”


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