Moins d'une semaine après avoir discuté avec l'un de mes meilleurs amis, j'apprenais sur Facebook sa tragique disparition. La mort dans toute sa radicalité s'invita avec violence dans mon quotidien et emporta avec elle mon ami et mon frère...
Je ne pouvais pas m'y attendre, rien n'aurait pu m'y préparer, je ne pouvais pas le croire...
Je me revois tomber dans mon lit comme livide, hurler de chagrin, me tenir la tête, la poitrine et désirer mourrir moi aussi, me sentant incapable de surmonter la douleur et l'absence. Je me souviens de cette phrase que je répétais machinalement: "je ne peux pas, je ne peux pas..."
J'aurais voulu sortir de mon corps ou me "réveiller" dans un autre monde mais, cela n'était pas possible. Bien vite, j'ai du me rendre à la douloureuse évidence; c'était bien la réalité, ma réalité, et je ne pouvais rien faire pour la changer.
Jamais dans ma vie, je crois avoir fait l'expérience si radicale de mon impuissance et de mes limites. Limites émotionnelles, limites spatiotemporelles...
Je questionnai ma foi, ce Dieu que j'aime tant et à qui j'ai décidé de donner ma vie dans la confiance :
"Pourquoi Seigneur ?", "Ai-je manqué quelque chose ?", "Est-ce-que j'aurais pu empêcher cela?", "Que dois-je comprendre ?", "Pourquoi m'enlever quelqu'un à qui je tiens autant ?..."
Puis la réponse claire, dure, déchirante mais que je sais être "vérité" se révéla à mon esprit:
" N'est-il-pas aussi mon enfant ? "
Dans ce moment difficile, Dieu, mon Père et mon Maître, me rappela également ces vérités de foi dans lesquelles j'avais grandit et auxquelles j'avais adhéré à mesure que je croissais. Il me mit face à mes responsabilités de "chrétien catholique", face à mon crédo et à ces paroles que nous récitons à chaque messe : "Je crois à la communion des saints, à la rémission des péchés, à la résurrection de la chair, à la vie éternelle..."
Je n'avais pas le droit d'agir comme "ceux qui n'ont pas d'espérance" (1 Théssaloniciens 4, 13), cette vertu que le catéchisme définit comme la vertu par laquelle nous désirons comme notre bonheur le "Royaume des cieux" et la "vie éternelle", en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit.
Toutefois, une partie de moi refusais d'écouter, de se reprendre, considérant comme une trahison le fait de "rendre grâce" au lieu de me lamenter. Puis, trois jours après l'annonce du décès, il se passa à l'intérieur de moi quelque chose d'indescriptible. Je n'arrivais plus à pleurer, je n'y arrivais tout simplement plus; comme si le ciel avait décidé que le temps des larmes était arrivé à échéance et qu'il fallait que je me relève...
Un verset du livre de la Sagesse (4,7-15) vint comme me donner une perspective nouvelle quant au décès prématuré de mon ami:
" Même s'il meurt avant l'âge, le juste trouvera le repos, (...) Il a su plaire à Dieu, et Dieu l'a aimé, Il vivait dans ce monde pécheur: il en fut retiré. (...) Arrivé au but en peu de temps, il a couvert une longue route. Parce qu'il plaisait au Seigneur, celui-ci, sans attendre, l'a retiré d'un monde mauvais. Les gens voient cela sans comprendre, Il ne leur vient pas à l'esprit que Dieu accorde à ses élus grâce et miséricorde, et qu'il veille sur ses amis..."
Aujourd'hui, en remédiant ce passage, je me rends compte qu'en effet, en peu de temps, cet ami a marqué ma vie d'une façon simple mais tellement puissante qu'aujourd'hui encore j'ai le sentiment d'être toujours lié à lui par un fil invisible. Il a marqué ma vie en "m'aimant"; tout simplement... Et je me rends compte que tous ceux qui l'ont connu sont resté marqués par sa gentillesse, sa simplicité, son courage. Il a accompli je crois ce qui devrait être l'objectif de tout homme, laisser dans les coeurs après son passage, une empreinte indélébile.
Aujourd'hui, je n'ai pas de regret par ce que je sais qu'il savait à quel point je l'aimais. Même aujourd'hui je ressens le besoin de le lui dire à haute voix, parce que je sais que même si je ne le vois plus, son âme immortelle subsiste et avec elle nos souvenirs et notre amitié.
Aujourd'hui j'aimerais dire à tous ceux qui vivent un deuil que Dieu console, restaure et guérit. Qu'Il prend soin de nous et de ceux qui nous ont devancé dans son sein, que la mort ne détruit pas la relation qui nous unit à ceux que nous avons aimé mais la transforme.
Intercéder pour un défunt est un acte d'amour, l'un des seuls qui compte vraiment une fois qu'Il nous ont devancé et cet amour, une fois qu'ils a porté des fruits et leur a ouvert les portes du paradis, Il nous le rendent en bénédictions et en assistance, le long de notre pèlerinage sur la terre, jusqu'au jour où nous les reverrons dans la Gloire...
"Maxence, sache que je t'aime, que je ne t'oublie pas et que je n'aurai de cesse de te porter dans mes prières, jusqu'à ce que l'on se revoit auprès du Père"
Ulrich.


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